Le premier numéro d’ILS Show, proposé par CCR Re en continuité de la newsletter trimestrielle ILS NEWS, a été l’occasion de démontrer les opportunités offertes par les ILS et le développement de la place de Paris.
Pour en parler, nous avons reçu un panel de spécialistes reconnus : Olivier Desmettre, chef de Brigade auprès de l’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution, Benoit Liot, directeur de la Rétrocession chez Scor, Edouard Chapellier et Patrice Doat, partners chez Linklaters, Stephan Ruoff, Directeur ILS chez Schroders et Quentin Perrot, Senior Vice President chez Willis Securities.
Retour sur les temps forts de ces échanges et sur ces ILS, qui se sont établis dans le monde de l’investissement comme un instrument de mieux en mieux connu et compris !
Les ILS sont apparus il y a à peu près 25 ans, suite à deux catastrophes naturelles aux Etats-Unis : un tremblement de terre à Northridge en 1994 et l’ouragan Andrew en Floride qui ont été à l’origine de grandes pertes. Le marché de la réassurance n’étant pas en mesure de se recapitaliser de façon efficace suite à ces pertes, des compagnies d’assurance ont pensé à transférer le risque au marché financier pour se protéger lors de potentiels évènements futurs.
Aujourd’hui, après une forte croissance dans les années 2010, le marché des ILS s’élève à environ 90 milliards de dollars.
Les deux principales formes d’investissement dans les ILS sont le Cat Bond et le sidecar. Dans tous les cas, le principe est toujours le même : il s’agit de transformer du risque de réassurance en investissement financier. Dans cette configuration, c’est l’investisseur qui assume le risque à la place de la compagnie d’assurance en échange d‘une prime de risque.
Normalement, un investisseur financier n’a pas le droit de souscrire de la réassurance sans une licence spéciale. C’est là où les FCT et la place de Paris entrent en jeu, en permettant d’utiliser un véhicule qui va transformer ce risque de réassurance en un investissement financier.
A l’origine, le FCT était uniquement destiné à titriser des créances bancaires. A ce titre, il a tout de suite bénéficié d’une exception au monopole bancaire et bénéficie aujourd’hui d’une exception au monopole des assurances. Il peut donc tout à fait servir d’émetteur-transformateur. Après un certain nombre de réformes, son périmètre s’est considérablement élargi : aujourd’hui, les FCT peuvent octroyer des prêts, donner des garanties et des suretés, recevoir ou acheter des risques – principalement des risques de crédit avec les produits dérivés et des risques assurantiels pour les FCT qui supportent des risques d’assurance.
Le FCT est très souvent utilisé pour titriser un grand nombre de classes d’actifs différents : essentiellement des créances financières pour les banques (prêts à la consommation, prêts hypothécaires, prêts automobiles…), des créances de loyer ou de leasing ou encore des créances commerciales.
Concernant le FCT supportant des risques d’assurance, le régime existe depuis 2008 mais a été utilisé pour la première fois par CCR Re en 2019.
Le fonctionnement d’un FCT est assez simple. Il fait intervenir plusieurs types d’acteurs :
A l’actif d’un FCT, l’on trouve un transfert de risque vers le cédant qui conclut le contrat ; cela peut être un contrat de rétrocession, un contrat de réassurance ou encore un dérivé. Au passif, le FCT émet des titres de dettes auprès d’investisseurs – le plus souvent, des parts ou obligations cotées sur les marchés, mais aussi parfois des passifs de droit étranger comme des Variable Funding Notes. Les titres sont bien sûr souscrits par les investisseurs.
Le fonctionnement d’un FCT qui supporte des risques d’assurance est sensiblement le même que celui des autres FCT. Il doit cependant obtenir un agrément préalable.
Quatre règles principales sont à respecter pour structurer un FCT :
D’abord, il s’agit d’un régime légal qui existe depuis longtemps, et qui échappe largement à l’aléa contractuel. Des centaines de FCT, voire des milliers, ont été créés depuis l’origine et les banques les utilisent tous les jours. En ce sens, il offre un confort et une sécurité juridique importante pour les investisseurs.
Ensuite, il est agréé par l’ACPR, qui assure que la structuration et la mise en place du FCT ont bien été contrôlées et qu’elles respectent le cadre légal.
Le FCT étant un patrimoine d’affectation, il n’est pas soumis à la faillite. Les règles législatives et réglementaires sur les procédures collectives ne s’appliquent donc pas, ce qui offre, là encore, un grand confort juridique aux investisseurs et aux cédants. Cela permet également une certaine simplification par rapport à d’autres structures : les investisseurs ayant la garantie que le FCT ne peut pas être défaillant (en tout cas sur le plan de la faillite),
il est inutile d’octroyer de la sûreté au profit des investisseurs, puisque les actifs sont déjà protégés du fait même de la nature du FCT.
Ce qui est plus intéressant, notamment pour les Sides-Cars, c’est que le FCT a la possibilité d’utiliser des compartiments. Les Sides-Cars étant des structures annuelles renouvelables, l’utilisation d’un compartiment permet de faciliter leur renouvellement successif année après année. En Europe, aucune autre structure (sauf Malte), n’a cette flexibilité.
Les FCT présentent un autre avantage non négligeable : la réputation de la place sélectionnée. Certaines cédantes, particulièrement sensibles à leur image de marque, pourront préférer s’orienter vers la France plutôt que vers d’autres juridictions situées dans les iles.
Lorsque l’opération de titrisation est réalisée en France, on va s’attacher à vérifier que les exigences, qui sont européennes puisqu’elles sont fixées dans les règlements délégués, sont bien respectées. Ces exigences sont de 3 ordres qui font écho aux 3 piliers de Solvabilité 2 :
Ces exigences sont européennes et sont donc appliquées de manière uniforme au sein de l’UE.